mercredi 17 avril 2013

Les secrets de la zombification

Les secrets de la zombification

Le mot « zombie », bien qu'il soit tiré directement du folklore haïtien, renvoie pourtant à deux types de créatures distinctes. Les morts-vivants des films de George Romero par exemple, n'ont pas ou peu de liens avec les zombies du vaudou, car ils sont l'actualisation du mythe du spectre putréfié du moyen âge.



Ces morts-vivants se lèvent, continuent de pourrir et transforment les humains en zombies par simple contact (la morsure le plus souvent). Ils seraient une allégorie de la peur ancestrale de la peste, les premières représentations de « revenants putrides » se retrouvant à la fin du moyen-âge.

Le zombie haïtien, bien qu'il partage la résurrection et son apathie avec ses « cousins » est différent ; en effet leur corps n'est pas censé se décomposer, il ne peut pas transformer ses anciens congénères et sa volonté
est soumise au sorcier qui l'a ensorcelé. Humain à l'origine, c'est suite à un envoûtement qu'un individu devient un mort vivant.

Le rituel consisterait à placer de la « Bombazon » la poudre à zombie, autour du lit de l'individu pendant son sommeil. A son lever, celui absorbe la poudre par la plante des pieds. Quelques nuits plus tard, la victime paraît morte et le sorcier capture son âme (le ti-bon-ange) qu'il conserve dans une bouteille.

La possession du ti bon'ange assure au bokor un contrôle total sur le « zombie » une fois réanimé. Si un zombie vaudou est à vos trousses, le sel est votre meilleure arme car il repoussera votre assaillant et le mettra hors d'état de nuire si vous lui en remplissez la bouche (bon courage tout de même). En cas d'attaque massive de zombie « infectés », le remède incontesté et mainte fois éprouvé est la destruction du cerveau, théorisé dans World War Z puis dans Guide de survie en territoire zombie de Max Brooks et mis en pratiquedans toutes ses déclinaisons dans les jeux vidéos Dead Rising 1 et 2.




Le vaudou est une religion animiste (la nature est gouverné par des esprits ou des forces primaires dont il faut s'attirer les faveurs), née dans les Antilles pendant les débuts du commerce d'esclaves africains. Pour éviter les persécutions des esclavagistes blancs, le vaudou et les religions affiliées telles que la Macumba et le Candomblé se sont souvent teintées de christianisme, utilisant les Saints pour renommer leurs divinités. Le vaudou a fait l'objet de nombreux clichés suite à la redécouverte d'Haïti au début du vingtième siècle, le plus répandu étant sans doute la poupée d'envoûtement lardée d'aiguilles qui est en fait connue dans la magie occidentale depuis l'antiquité.



Ce reportage diffusé sur Canal D, retrace l'investigation de Wade Davis, ethno-botaniste sur les cas de zombification, afin d'en déterminer la cause. Le cas le plus célèbre de zombie est celui de Clairvius Narcisse, déclaré mort et enterré en 1962, revenu dans son village 18 ans plus tard. Clairvius était en litige avec sa famille dont il a essayé de vendre la terre sans autorisation. Cet acte, considéré comme un crime plus grave que le meurtre dans la justice du vaudou, l'a condamné auprès des siens à devenir un zombie. La zombification est un acte de magie noire, accompli par un sorcier bokor, différent du prêtre hougan, qui lui pratique la magie blanche. L'ingénieur en bio-chimie Max Beauvoir, également grand prêtre hougan, explique que les actes de justices sont à la charge des « sociétés secrètes » et non à celle du culte général, basé sur l'observation de la morale.

La zombification est aussi un moyen de se débarrasser des criminels sans pour autant les tuer.Clairvius prétend se souvenir de son propre enterrement, et montre comme preuve la blessure causée par un clou du cercueil. Quelques temps après la mise en terre, Clairvius Narcisse a été réveillé à l'aide d'une potion et
emmené auprès des autres zombies à la merci du bokor qui l'avait ensorcelé. Deux ans plus tard, le maître des zombies meurt et ses esclaves-zombies sont libérés de son emprise. Il revient dans son village 16 ans plus tard, et aborde sa sœur, qui l'avait reconnu mort sur son acte de décès. Celle ci le repousse, mais peu à
peu elle et les autres villageois acceptent son retour en tant que zombie.

L'histoire de Clairvius Narcisse fait grand bruit à l'époque et des soupçons de tromperie commencent à poindre. Certains comme le docteur Leslie Desmangles pensent à une erreur d'identité, car le corps de Clairvius a été réfrigéré pendant une vingtaine d'heures, ce qui est impossible à supporter pour le corps humain, tandis que d'autres, dont Wade Davis croient à l'histoire de ce zombie bien vivant.



Wade Davis, diplômé d'anthropologie et de botanique, a voulu éprouver scientifiquement le phénomène de la zombification, et d'en trouver la recette. Pour cela, il a du dépasser les clichés véhiculées par la culture occidentale et se confronter à la culture haïtienne. Les zombies y sont connus non par les livres ou les films hollywoodiens mais par la mythologie et la tradition orale. Pour percer le mystère des zombies, Wade Davis a du s'adresser à des bokors, les praticiens de la magie noire. Grâce à Max Beauvoir, Wade Davis rencontre le bokor Marcel Pierre, spécialiste de la poudre à zombie. Celui lui remet contre rémunération du «bombazon », que Wade Davis compare à d'autres échantillons recueillis auprès d'autres bokors.

Les ingrédients varient d'une préparation à l'autre mais sont généralement un mélange de restes humains et animaux. Des analyses révèlent la présence systématique de restes de poisson-globe qui sécrète un poison violent, la tétrodotoxine. Présent dans les mers des antilles et près du Japon, où il est un met raffiné connu sous le nom de fugu. Les propriétés toxiques de ce poisson y sont bien connues, puisque la préparation des filets est réservée à des chefs spécialisés. La chair elle même n'est pas porteuse de poison, localisé dans les organes sexuels, le foie et le système digestif, puisqu'il serait extrait d'une algue dont le poisson-globe se nourrit.



En comparant les symptômes d'un empoisonnement à la tétrodotoxine aux effets d'une zombification, Wade Davis tient un début d'explication. En dessous de la dose mortelle, le poison provoque une paralysie générale et la diminution des fréquences cardiaques et respiratoires, qui peuvent conduire à une mauvaise constatation de décès. Le fluide utilisé pour ranimer le zombie est sans doute un antagoniste de la tétrodotoxine, comme l'atropine. Wade Davis reconnaît que malgré cette correspondance entre les effets de la tétrodotoxine et ceux de la zombification, celle ci n'est pas fréquente ni systématique, mais le simple fait que celle ci soit « possible » lui donne tout son pouvoir de suggestion. De plus, la création de zombie ne serait pas un phénomène constant ni même mesurable, tout spécialement si les victimes sont crues mortes. Les effets d'un empoisonnement et d'un passage par un cercueil varieraient de la mort à la totale récupération, en passant par divers stades d'atteintes cérébrales. C'est ainsi qu'en 1979, Francina Illeus, surnommée par la suite « Ti-femme » a été reconnue comme ayant été zombifiée trois ans plus tôt.

La sentence de zombification aurait été prononcée après ses infidélités et le comportement scabreux de sa jeunesse. Ti-femme est réapparue mentalement diminuée, le regard vide et ne parle presque plus, et répond à bon nombre de clichés du zombie. L'examen de la tombe de Francina Illeus révèle que celle ci est vide, alourdie par des pierres.

Ce nouveau cas de zombie soulève encore des débats, mais les intervenants sceptiques apparaissent ici au mieux mal informés, au pire de mauvaise foi. Wade Davis n'a fait que constater que la présence de poison dans le poisson-globe est sans doute connue des bokors et que ceux ci parviennent exceptionnellement à doser la bonne quantité pour produire un effet « zombifiant ». En effet, depuis les cas de Clairvius Narcisse et de Ti-femme, aucun zombie ne s'est plus levé de sa tombe...

Cette vidéo édifiante permet non seulement de mieux comprendre la religion vaudoue, mais aussi découvrir que le phénomène des morts-vivants pourrait bien avoir une cause rationnelle. L'empoisonnement, suivi de l'hypoxie (manque d'oxygène) dans le cercueil participe sans doute à laisser un individu diminué qui, une fois exhumé, est à la merci de celui qui l'a empoisonné et déterré. Sans pour autant avoir à craindre une invasion de zombies purulents, les scientifiques semblent encore une fois traîner les pieds pour reconnaître l'existence d'un tel phénomène. La faute en revient peut être à John Carpenter, et à son très mauvais « L'Emprise des Ténèbres » (« The Serpent and the Rainbow »), libre adaptation du livre de Wade Davis qui ridiculise plus le phénomène qu'autre chose, transformant une enquête objective en fiction d'horreur grand-guignol.

Pour voir le reportage allez ici ::
http://www.mystere-tv.com/les-secrets-de-la-zombification-v1627.html

3 commentaires:

  1. Fait gaffe avec l'atropine ca cogne sévère ce truc;)
    Des petits rigolos avaient coupé de la coke avec ,les clients sont pas revenus à la vie^^
    C'est Wes Craven pour "l'emprise des ténèbres" et c'est un bon film en ce qui me concerne.
    Merci pour ce doc ça me fait penser que j'ai un mondo avec une belle séquence de trance vaudou on l'on déguste des crapauds vivants à pleinnes dents sans fx :)

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  2. Étrange cette doc ! j'ai vu le reportage impressionnant !! je suis abonné à cette chaine à l'époque j'adorai l’émission Mystères sur TF1 présentée par Alexandre Baloud c'était flippant ! malgrès tout j'en garde de bons souvenirs.

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    1. Si tu veux flipper pour du vrai ami Seb j'ai d'autres solutions bien plus terrifiantes..........................................................................................................................................................................................♠♠♠

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