lundi 10 juin 2013

à quoi sert le zombie ????

Films, séries, romans ou jeux vidéo : à quoi sert le zombie ?

La peau grise, le regard vitreux, le gueule sanguinolente : à première vue, le zombie n’est pas un gars attirant. Mais il est très en vogue dans la culture populaire : jeux vidéo, romans, films, séries, BD... . Le zombie est même partout.
Le zombie peut représenter, au premier abord, un être déshumanisé affamé de chair de sang. Et ce n’est pas le témoin de l’agression commise par le « cannibale » récemment arrêté à Miami qui dira le contraire :
« Je lui ai dit d’arrêter mais il continuait de manger l’autre type [...]. Il grognait comme un animal. On aurait dit un zombie, du sang dégoulinait. Le truc le plus proche que j’ai jamais vu ? [La série] The Walking Dead. »
Mais sa représentation peut radicalement changer d’une œuvre à une autre – le zombie est multifonction.

1-Se défouler

Soyons clair, le zombie n’a qu’une seule envie : arracher, sans demander votre autorisation, une partie de vos intestins. Il n’existe entre vous et lui aucune volonté de dialogue ; par essence, le zombie ne parle pas, il n’a aucun message à faire passer.
Il devient alors un simple objet de défoulement d’après Christophe Lemonnier, journaliste à Devil Dead :
« D’un point de vue moral, ça n’a pas de véritable implication puisque vous êtes en train d’occire des hordes de créatures totalement désincarnées. En les flinguant, les conséquences sont réduites au minimum. C’est un bon moyen de défouler ses pulsions et cela fait partie des ennemis rêvés dans un jeu vidéo. »
Romain, webmaster du site de la culture zombie Tuez les tous, souligne le caractère limité de ce type de zombie :
« Prenons le mode zombie du jeu Call of Duty : le joueur doit vaincre des vagues infinies de zombies : cela n’a rien de passionnant. On pourrait les remplacer par des marmottes géantes sans changer la logique du jeu. »


2-Illustrer la fin du monde


D’après Romain, le zombie est porteur, « en première ligne », de l’idée de fin du monde :
« Ces dernières décennies ont été marquées par une notion de destruction quasi incontrôlable. On ne fait que parler de crises financières que personne ne peut prévoir, d’apocalypses environnementales inévitables ou d’effondrement du bloc occidental [...]. »
Il précise :
« Le zombie, qui est empêché de raisonner en terme d’espèce, est un très bon outil pour figurer ce que serait le monde si tout s’écroulait. La cause de cette chute est en nous : nous sommes le vecteur. C’est la plus belle représentation de l’autodestruction au sens figuré. »

3-Dénoncer la guerre

Le zombie n’est pas qu’un exutoire. Au cinéma, il est une façon de traiter certains sujets sensibles, comme la guerre. Pour le comprendre, le film clé, toujours selon Christophe Lemmonier, est « Le Mort-Vivant » de Bob Clark.

Il suit, au cours des années 70, une famille qui apprend le décès de son fils, tombé au Vietnam. Miraculeusement, le soldat revient à la maison mais, en réalité, c’est un zombie – façon, pour le cinéaste Bob Clark, d’exposer de manière détournée l’impact du conflit sur la société américaine.





4-Critiquer une société consumériste


C’est bien connu : les zombies sont de grands consommateurs de viande humaine, mais pas seulement. George Andrew Romero, le géniteur des zombies modernes est le premier à leur avoir insuffler une âme politique.
Dans « Zombie », le réalisateur américain utilise un centre commercial comme métaphore. L’objectif : montrer que même morts, les zombies, qui se retrouvent dans des centres commerciaux, sont conditionnés par la société de consommation.
En 2004, le réalisateur Zack Snyder rendait hommage au maître du genre avec « L’Armée des morts ». Le film, qui met en scène une petite troupe de survivants qui se barricadent dans un centre commercial, fut sélectionné au Festival de Cannes.





5-Retranscrire les relations de pouvoir


Les zombies sont également d’excellents prétextes, selon Christophe Lemonnier. A propos de « La Nuit des morts-vivants », premier film de George Andrew Romero réalisé en 1968 :
« Plaçant son action dans un cadre contemporain [...], le cinéaste s’intéresse surtout aux survivants et à leur difficulté à œuvrer ensemble malgré une situation désespérée. »
Dans une interview accordée à Vodkaster, Georges Romero explique qu’il essaye de raconter des histoires de zombies en « montrant comment [les réactions des survivants] ne sont pas appropriées à la situation ».
L’angle de la communauté de survivants se retrouve dans la bande-dessinée et la série « The Walking Dead ». La situation, critique, exarcerbe les tensions entre les membres d’une communauté qui est en train de se former. Démocratie ou dictature ? La société s’est effondrée et certains personnages se sont affranchis des règles de moralité.
Et d’après Romain, du site Tuez les tous, le jeu vidéo ArmA II, en se cristallisant sur les rencontres avec d’autres joueurs, va plus loin que d’autres productions de « survival horror ». Car le zombie n’est pas au centre :
« Vous pouvez tirer une balle dans la tête d’un inconnu sans être pénalisé, ou bien décider de survivre ensemble – et lui tirer dans le dos plus tard. Le résultat est surprenant, et les joueurs sont en train de construire quelque chose d’assez inédit en termes de jeu vidéo et d’interaction. »
6-Se marrer
Effrayant, le zombie peut aussi être utilisé pour le « fun », toujours selon Romain :
« Le zombie est assez ridicule dans sa représentation classique. Il est facilement modelable et permet de mettre en scène du loufoque. En effet, il est avant tout local : c’est votre voisin, votre patron, etc. »
A l’image du personnage de Simon Pegg dans « Shaun of the Dead » qui, au petit matin, va chercher, en baillant, une boisson chez l’épicier du coin. Alors que le quartier est infesté de zombies, il ne se rend compte de rien :





7-Evoquer toutes sortes de menaces


Depuis la guerre froide, les infections sont plus présentes : menaces bactériologiques ; terrorisme ou pandémies font partie de nos peurs. « La Nuit des fous vivants » ou « Contact Mortel », films de zombies dans les années 70, en étaient les symptomes.
Le jeu et les films « Resident Evil » ont rationnalisé (pour que cela soit plus crédible) cette éventualité par une idée simple : les mutations génétiques. Cela permet « d’apporter un tas de variations autour du mythe du mort-vivant » précise Christophe Lemmonier.
En 1988, Jean-Pierre Dionnet, lorsqu’il présentait sur Canal + l’émission Le Quartier Interdit, évoquait le virus du sida :
« Le film “Moi Zombie : Chronique de la douleur” pourrait être pris comme une parabole du sida avec la progression irréversible de la maladie. Andrew Parkinson, le réalisateur, le nie : il dit qu’il n’a pas voulu faire ça. »







Source : http://blogs.rue89.com/zombie-fute

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